L'enclos du temple

L'enclos du Temple, des Templiers à l'Ordre de Malte

28/03/2026

Illustration : maquette de l'enclos du temple, anonyme (1783/1787) - Musée Carnavalet

Une histoire d'Ordre de chevalerie au cœur de Paris

Du XIIIᵉ au XVIIIᵉ siècle, l’enclos du Temple fut l’un des lieux les plus emblématiques de la présence des ordres religieux-militaires à Paris.
D’abord fief des Templiers, il devint ensuite, pendant plus de quatre siècles, un centre majeur de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, futur Ordre souverain de Malte.
Aujourd’hui, il n’en subsiste plus aucune trace visible.

La chute des Templiers et la fin d’un « État dans l’État »

Après la perte définitive de la Terre Sainte en 1291, les Templiers se replient dans leurs commanderies européennes.
Leur Grand Maître s’installe à Paris, dans un enclos fortifié aux murailles de huit mètres de haut, véritable cité autonome au cœur de la capitale.

L’esprit des premiers temps en Terre Sainte avait dès lors bien changé et l’Ordre composé de Templiers avides, orgueilleux, turbulents devint suspect à l’Eglise, à la noblesse et bientôt au pouvoir royal.

L’Ordre, devenu puissant et jalousé, attire bientôt la méfiance de l’Église, de la noblesse et du roi Philippe le Bel.
En 1306, le roi roi Philippe le Bel, réfugié dans l’enclos lors d’un soulèvement populaire, mesure l’étendue de cette puissance.
Le procès qui s’ensuit conduit à la suppression de l’Ordre en 1313 et au supplice de nombreux Templiers, dont Jacques de Molay.

Les Hospitaliers héritent de l’enclos du Temple

Selon la décision pontificale, les biens templiers doivent revenir aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
Malgré les rétentions du roi, les Hospitaliers prennent possession de l’enclos, qu’ils occuperont jusqu’à la Révolution française.

Cette présence séculaire aurait pu laisser son nom aux rues du quartier, mais l’histoire en décida autrement.

Un centre majeur de l’Ordre de Malte à Paris

À partir du XVIᵉ siècle, lorsque l’Ordre adopte le nom de Chevaliers de Malte, l’enclos devient un ensemble prestigieux comprenant :

  • le palais du Grand Prieur,
  • les bâtiments conventuels,
  • une église et un cimetière,
  • un hôpital,
  • une geôle,
  • le célèbre donjon,
  • des jardins et des communs.

En 1667, le Grand Prieur Jacques de Souvré modernise profondément le site :
démolition des murailles, construction d’hôtels particuliers, réaménagement du palais par Mansart.
L’église abrite alors les tombeaux de nombreux dignitaires de l’Ordre.

La destruction du donjon du Temple, théâtre d’un drame national

Sous la Révolution, le donjon devient le lieu d’incarcération de la famille royale.
Ce symbole, trop chargé pour le nouveau régime, est détruit en 1808 sur ordre de Napoléon afin d’éviter qu’il ne devienne un lieu de mémoire royaliste.

En bordure de l’enclos du Temple, l’église Sainte-Elisabeth de Hongrie était proche de cette grosse tour du Temple, Le square actuel fut aménagé en 1853 sur l’emplacement du palais du Grand Prieur de l’Ordre de Malte et son jardin.

Grand Prieuré

Un patrimoine disparu

L’église Sainte-Marie du Temple — réplique du Saint-Sépulcre de Jérusalem et paroisse du quartier — est détruite après la révolution, comme la tour du Temple.

l'église Sainte Marie

Aujourd’hui, rien ne subsiste de l’enclos du Temple : ni bâtiments, ni vestiges, ni même une plaque commémorative, rien qui puisse en rappeler le souvenir glorieux conféré par les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem à la suite des Templiers.

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