L’Ordre de Malte à la Conférence de Munich sur la sécurité

16/02/2026

Photo: Philipp Guelland/MSC

Dans le cadre de la 62e Conférence de Munich sur la sécurité (MSC), l’Ordre souverain de Malte a organisé aujourd’hui un événement parallèle de haut niveau intitulé « Aid for Plate : Joint Action for Global Food Security » et consacré aux défis mondiaux de la sécurité alimentaire, de la résilience des chaînes d’approvisionnement au déficit croissant de financements qui menace les interventions humanitaires et de développement.

Dans son discours d’ouverture, le  Grand Chancelier de l’Ordre de Malte, Riccardo Paternò di Montecupo , a souligné la contribution spécifique de l’Ordre dans la mise en relation des réponses aux urgences et des programmes de développement à long terme : « L’Ordre de Malte œuvre à la croisée de l’aide humanitaire immédiate et du renforcement des capacités locales. Il ne s’agit pas seulement de distribuer de la nourriture en temps de crise, mais aussi de soutenir la micro-agriculture et les filières locales, de mettre en place des programmes nutritionnels liés à la santé et à la maternité, de protéger les communautés les plus vulnérables et de dialoguer avec les gouvernements et les institutions. Dans un monde où la chaîne alimentaire est de plus en plus fragile, l’Ordre de Malte nous rappelle que la sécurité alimentaire est indissociable de la sécurité humaine. »

Dans son intervention,  Alexander De Croo, administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et ancien Premier ministre de Belgique , a déclaré qu’« il ne s’agit pas simplement de fournir de la nourriture. Il ne s’agit pas seulement d’intervenir en cas d’urgence. Il est beaucoup plus important de construire résilience, résilience sociale et systèmes alimentaires, qui font partie d’un cadre économique plus large. »

Álvaro Lario, président du Fonds international de développement agricole (FIDA) , a rappelé que « lorsque les familles rurales peuvent produire de la nourriture, avoir un revenu et accéder aux marchés, les communautés se stabilisent. La sécurité alimentaire ne consiste pas seulement à nourrir les populations aujourd’hui, mais aussi à réduire le risque de conflits demain. En termes simples, nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas investir dans la sécurité alimentaire. »

Máximo Torrero Cullen, économiste en chef de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) , a mis en garde contre les risques croissants pour les systèmes alimentaires mondiaux et la nécessité de les considérer comme des infrastructures stratégiques : « Dans un monde où des centaines de millions de personnes souffrent de la faim, la résilience dans les systèmes agroalimentaires n’est plus une option : sans diversification, les menaces biologiques, les conflits ou les interruptions commerciales peuvent transformer un choc local en une crise mondiale. Les pays doivent donc traiter les systèmes agroalimentaires comme des infrastructures stratégiques, en investissant dans la prévention et dans leur capacité à absorber les chocs avant qu’ils ne s’aggravent. »

Le débat a mis en évidence que la dégradation de l’environnement, la désertification, les carences structurelles dans la production alimentaire et l’instabilité des chaînes d’approvisionnement demeurent des facteurs déterminants d’insécurité, en particulier en Afrique, contribuant à l’instabilité économique et aux tensions sociales.

La table ronde, modérée par  Ismahane Elouafi, directrice générale exécutive du CGIAR , a réuni  Amy Pope, directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM)Carl Skau, directeur exécutif adjoint et directeur des opérations du Programme alimentaire mondial (PAM) , et M áximo Torrero Cullen, économiste en chef de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) . La nécessité de renforcer la sécurité alimentaire mondiale en soutenant la production locale dans les pays les plus vulnérables et en mobilisant des ressources publiques et privées, notamment à la lumière des réductions de financements des programmes humanitaires et de développement, est clairement apparue. Les intervenants ont également souligné que l’insécurité alimentaire est l’une des causes profondes des migrations forcées, appelant à une approche intégrée qui investisse dans le développement agricole durable et les moyens de subsistance des communautés les plus exposées. Dans ce contexte, les organisations humanitaires peuvent jouer un rôle important en tant que médiatrices et partenaires opérationnels dans les territoires touchés.

Cet événement a confirmé l’engagement de l’Ordre de Malte, actif dans plus de 130 pays, à promouvoir des partenariats internationaux et des initiatives concrètes en faveur des communautés les plus vulnérables, contribuant ainsi au renforcement de la stabilité sociale dans les zones les plus exposées aux crises.

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