Visiter l'Eglise Sainte-Elisabeth de Hongrie à Paris

26/03/2026

Fondée au XVIIᵉ siècle, profondément remaniée au fil des époques, confiée à l’Ordre souverain de Malte en 1938, l'église Sainte-Elisabeth de Hongrie demeure aujourd’hui un sanctuaire vivant, marqué par la présence de la Vierge Marie et par la mission hospitalière de l’Ordre.

Un édifice né d’un couvent franciscain

L’histoire de l'église Sainte-Elisabeth de Hongrie commence en 1628, lorsque la première pierre du couvent franciscain est posée par Marie de Médicis. La chapelle conventuelle, réalisée par les architectes Louis Noblet et Michel Villedo, est consacrée en 1646 par Jean‑François Paul de Gondi, futur cardinal de Retz.

Si l’église échappe à la démolition pendant la Révolution, elle perd son campanile et voit disparaître le couvent voisin. En 1809, elle devient église paroissiale.

Transformations majeures au XIXᵉ siècle

Sous la Restauration, l’architecte Étienne‑Hippolyte Godde donne à l’édifice son ampleur actuelle :

  • création d’un nouveau chœur
  • ajout d’un déambulatoire
  • construction de grandes chapelles latérales
  • agrandissement de la nef et ajout d’un bas‑côté gauche (1825‑1830)
  • prolongement du déambulatoire par une chapelle de la Vierge

Entre 1840 et 1850, Godde poursuit l’agrandissement, notamment par la création d’un second collatéral au sud.

En 1858, la percée de la rue Turbigo entraîne la disparition de la chapelle axiale.

La façade classique, quant à elle, est harmonisée au XIXᵉ siècle par Victor Baltard, lui donnant son élégance actuelle.

Architecture : un plan clair, une élévation lumineuse

L’église adopte un plan allongé orienté, terminé par une abside semi‑circulaire.

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Elle comprend :

  • une nef de quatre travées
  • un bas‑côté nord flanqué de quatre chapelles
  • au sud, l’ancien chœur des religieuses, aujourd’hui chapelle de semaine
  • une coupole percée d’un oculus zénithal
  • un lanternon apportant une lumière douce et verticale

À l’extérieur, l’absence de clocher surprend. Le portail à deux étages, inspiré du style italien, associe pilastres doriques cannelés au premier niveau et pilastres ioniques au second, surmontés d’un fronton cintré.

Une décoration intérieure de grande qualité

L’intérieur de Sainte‑Élisabeth-de‑Hongrie abrite un patrimoine exceptionnel, témoin du renouveau artistique du début du XIXᵉ siècle.

Coupole

On peut notamment y admirer la «La Glorification de Sainte-Élisabeth-de-Hongrie accueillie par les anges dans le ciel» par Jean Alaux (1786-1864). Élisabeth a revêtu l'habit franciscain. Elle est saluée par les trois vertus théologales et par les archanges saint Michel et saint Gabriel.

Vitraux et peintures murales (1820‑1840)

Ces décors illustrent la richesse iconographique de l’époque et la volonté de redonner éclat et profondeur spirituelle à l’édifice.

Ses vitraux constituent l'une de ses particularités. Ils sont parmi les premiers vitraux du XIXème siècle en France et sont ainsi des témoins historiques d'un moment charnière de l'art du vitrail.

On peut notamment admirer une peinture de sainte Geneviève, entourée des vitraux représentant Saint Joseph et Saint Jean l'Evangéliste.

Sainte Geneviève, entre St Joseph et St Jean l'Evangéliste

Le baptistère

Dans le baptistère, on peut admirer une vasque en marbre qui fut donnée en 1651, par Charles Michard, curé de l'église

La chapelle Sainte Elisabeth

Dans la chapelle Sainte Elisabeth, on peut admirer un tableau majeur de Merry‑Joseph Blondel (1824) représente trois épisodes de la vie de sainte Élisabeth de Hongrie, dont la scène émouvante où la reine dépose sa couronne aux pieds du Christ.

Chapelle Ste Elisabeth

A l'entrée, deux peintures sur bois du XVIIᵉ siècle, offertes par les paroissiens, représentant sainte Fébronie et sainte Domna, accueillent les visiteurs.

Sainte Donna et Sainte Fébronie

La Piéta du XVIᵉ siècle

Face à cette chapelle, une admirable Piéta de l’école de Troyes rappelle la profondeur de la dévotion mariale qui imprègne l’église.

Piéta

Le déambulatoire : un trésor sculpté unique à Paris

Le déambulatoire abrite 100 bas‑reliefs en chêne provenant de l’abbaye Saint‑Vaast d’Arras (1623).

DÉAMBULATOIRE

Ils illustrent, avec une délicatesse remarquable :

  • des scènes de l’Ancien Testament
  • des épisodes du Nouveau Testament

Au‑dessus, quatre grandes allégories du XIXᵉ siècle représentent :

  • les sept sacrements
  • les sept œuvres de miséricorde corporelle (dont une visible sur la photo du déambulatoire )
  • les béatitudes
  • le jugement dernier

On peut noter que le peintre Jean-Louis Bézard (1799-1881), auteur des S ept œuvres de Miséricorde  était fidèle au style de Raphaël. On le constate dans les figures féminines et dans l'art de disposer les composantes du tableau. La jeune femme, au centre de la toile au premier plan, qui tient deux jeunes enfants avec elle, rappelle tout à fait la manière de Raphaël.

L’orgue Suret : un joyau de la facture romantique

Construit entre 1852 et 1853 par Antoine‑Louis Suret, l’orgue principal est l’un des plus beaux exemples de la facture romantique française.
En 1855, il reçoit la médaille de première classe à l’Exposition universelle de Paris.

Orgues

Le jury souligne alors :

« L’orgue de M. Suret se distingue par la bonne qualité des jeux dont le timbre, l’égalité et la promptitude d’articulation ne laissent rien à désirer. »

Une sacristie riche en objets d'art et ornements sacerdotaux

Comme le précise le panneau d'information placé par la mairie de Paris "La sacristie abrite un ensemble de peintures, de miniatures et d'ornements sacerdotaux du Moyen Age et de la Renaissance.

Un lieu confié à l’Ordre de Malte

Aujourd’hui, Sainte‑Élisabeth‑de‑Hongrie demeure un lieu de prière pour les membres et bénévoles de l’Ordre, fidèle à la mission de servir les plus fragiles. (sur les liens entre l'Ordre de Malte et cette église, voir l'article Sainte-Elisabeth de Hongrie, église conventuelle de l'Ordre de Malte )


Pour plus d'information sur la base "merimee" / Monuments historiques :

  • L'église Sainte-Elisabeth-de-Hongrie (100 photos) :

https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00086110

  • La notice de chaque objet classé :

Tableau : L'Adoration des bergers , Le Sacrifice d'Abraham , Le Christ guérissant les malades , s ainte Donna et sainte Fébronie , Le Baiser de Judas , La Vierge au pied de la croix , L'Immaculée Conception , Portrait de l'abbé de Plainpoint, Portrait de l'abbé Malbeste, Portrait de l'abbé de Lacoste , Portrait de l'abbé Jardin, curé de Sainte-Elisabeth , Portrait de l'abbé Jousselin, ancien curé

Sculpture : Statuette : Le Christ en croix , Bas-relief : La Résurrection du Christ , 3 bas-reliefs : Scènes de la vie de sainte Geneviève , Fonts baptismaux (vasque) , bas-reliefs : Scènes tirées de l'Ancien et du Nouveau Testament, Scènes représentant des sujets religieux , Statue de saint François

Orgue : buffet d'orgue , partie instrumentale de l'orgue , Orgue avant restauration , Orgue restauré
Mobilier : Chaire à prêcher
Vitraux : Verrières de la nef, côté droit : saint Vincent de Paul, sainte Marie de l'Incarnation, saint Landry, sainte Clotilde
Cloches : Cloche Fa dièse 4 , Cloche Fa 4 , Cloche Ré dièse 4

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