L’abbé Snoëk, qui a bien connu Monseigneur Maurice de Germiny, a livré un témoignage d’une rare précision et d’une grande affection. Il éclaire de l’intérieur la figure spirituelle, pastorale et humaine de celui qu'il à bien connu.
Monseigneur de Germiny et les prêtres
Mgr de Germiny fut, durant dix ans, directeur de l’œuvre des vocations du diocèse de Paris. À ce titre, il reçut environ une centaine de candidats au sacerdoce chaque année, dans un contexte marqué par le dynamisme du cardinal Lustiger et les années Jean-Paul II. Ce sont ainsi près de mille hommes qu’il a discernés, accompagnés, encouragés ou orientés.
Cette expertise fut largement reconnue : après sa démission épiscopale, l’archevêque de Paris lui demanda d’intégrer le conseil du séminaire comme directeur spirituel. Une nouvelle génération de prêtres parisiens bénéficia ainsi de son soutien attentif et paternel.
Devenu évêque de Blois, il accueillit plusieurs séminaristes venus de Paris ou d’ailleurs, qui furent ordonnés prêtres et qui, conscients de ce qu’ils lui doivent, portèrent son cercueil. Il s’investit également dans la régularisation des statuts et l’accompagnement de la communauté Saint-Martin, devenue l’un des lieux majeurs de formation sacerdotale en France.
Son rôle dans l’Église de France dépasse ainsi largement les frontières des diocèses de Paris et de Blois.
Monseigneur de Germiny et l’Ordre de Malte
Entré dans l’Ordre de Malte bien avant son épiscopat, il le considérait comme une véritable famille. Il portait une attention délicate aux joies et aux peines de chacun, visitant les membres de l’Ordre à l’hôpital, jeunes ou âgés, avec une affection qui touchait profondément.
À Lourdes, il tenait à être aumônier d’une salle : c’était même la condition de sa venue. Il nourrissait pour l’Ordre une haute ambition spirituelle, participant fidèlement aux sessions de théologie et s’engageant dans la réflexion sur la formation et la règle de vie des profès. Il souhaitait y consacrer le reste de ses jours.
Monseigneur de Germiny et les saints
La grande œuvre de sa retraite active fut la cause de béatification des cinquante martyrs du STO, qu’il porta « à bout de bras ». Il parcourait les diocèses pour rassembler des fonds et suivait le dossier avec une proximité telle qu’il appelait les martyrs « ses petits ».
Son intérêt pour les saints était vaste : les carmélites de Compiègne, sainte Jeanne de Chantal, Élisabeth de France, l’impératrice Zita… Il présidait volontiers fêtes et pèlerinages, sillonnant la France avec joie.
En conclusion
Homme très cultivé, maniant l’humour avec charité et distinction, doté d’un discernement sûr, il disparaît brutalement alors qu’il se préparait à participer aux étapes du voyage apostolique de Léon XIV, heureux de rejoindre Lourdes autrement que pour les réunions de la CEF.
Le culte des saints, la Vierge Marie — qu’en évêque-chevalier il révérera comme sa Dame — furent la trame de ce périple qu’il a vécu « du haut du ciel ».
Homme d’unité, il aurait communié à ces rassemblements où toutes les sensibilités ont applaudi le souverain pontife.
Plusieurs hebdomadaires lui ont consacré une page, fait inhabituel pour un évêque émérite de province : cela l’aurait surpris.
Il laisse pour beaucoup un grand vide.
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Rappel des grandes étapes du parcours de Mgr Maurice de Germiny
- 1939 – Naissance Né le 23 novembre 1939 à Saint-Maurice-du-Désert (Les Monts-d’Andaine, Orne), dans une famille lorraine établie en Normandie.
- 1967 – Archiviste-paléographe Diplômé de l’École nationale des chartes ; thèse sur Le clergé séculier du diocèse de Sées (1478-1539) .
- 1968-1969 – Archives du Jura Directeur des Archives départementales du Jura avant d’entrer au séminaire.
- 1969 – Entrée au séminaire Séminaire universitaire des Carmes (Paris) ; maîtrise de théologie à l’Institut catholique de Paris.
- 1974 – Ordination sacerdotale Ordonné prêtre le 29 juin 1974 par le cardinal François Marty, pour l’archidiocèse de Paris.
- Années 1970 – Premiers ministères Vicaire à Notre-Dame d’Auteuil, puis à Saint-Roch ; aumônier au Centre médical Édouard-Rist.
- 1981-1986 – Secrétaire du cardinal Lustiger Collaboration étroite avec l’archevêque de Paris.
- 1986-1993 – Vicaire épiscopal et curé Vicaire épiscopal pour les vocations et les affaires culturelles ; curé de Saint-Séverin–Saint-Nicolas.
- 1993-1997 – Vicaire général de Paris Responsable de la formation continue des prêtres ; chanoine titulaire de Notre-Dame.
- 1997 – Nomination épiscopale Nommé évêque de Blois le 27 mars ; consacré le 24 mai 1997.
- 1998-2000 – Synode diocésain Réorganisation du maillage pastoral ; création d’équipes laïques pour les funérailles ; lancement du rassemblement de Choue pour les vocations.
- 2007-2008 – Fondation de RCF Loir-et-Cher Soutien actif à la création de la radio diocésaine.
- 2006-2010 – Observatoire Foi et Culture Président de cet organisme au sein de la Conférence des évêques de France.
- Jusqu’en 2022 – Archives de l’Église Référent national pour les archives ecclésiastiques ; accompagnateur du CNAEF ; rôle majeur dans sa modernisation.
- 2014 – Retraite épiscopale Démission pour limite d’âge ; retrait en Normandie ; ministère discret et fidèle.
- Distinctions Chevalier de la Légion d’honneur ; membre de l’Académie catholique de France.
- 2026 – Décès et funérailles Décédé le 23 septembre 2026 ; funérailles célébrées le 2 octobre en la cathédrale Saint-Louis de Blois.
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