À l’invitation de Monseigneur Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, le docteur Alain Baty a pris la parole devant le pape Léon XIV à l’Accueil Notre‑Dame lors de sa visite à Lourdes.
Habitué du pèlerinage de l’Ordre de Malte à Lourdes, notamment comme médecin de la Salle du Bienheureux Gerland , Alain Baty est médecin généraliste à Laval et président de l’Association des Présidents des Hospitalités Francophones.
Il s’est adressé au pape en lui exprimant ses profondes convictions sur le respect de la vie, de la naissance à la mort, et sur la vocation du médecin au service des plus fragiles.
Vous pouvez voir son intervention en cliquant sur la photo ci-dessous.
et voici la retranscription de son intervention à Accueil Notre‑Dame à Lourdes le dimanche 27 septembre 2026 :
Votre Sainteté,
Laval, ville où j’exerce comme médecin depuis 40 ans, possède dans le hall de son hôpital la devise d’Ambroise Paré, père de la chirurgie moderne, mort au XVI siècle : « Je le pansai, Dieu le guérit. » Magnifique humilité du médecin : soigner nécessite de se donner, de partager notre humanité, en refusant de réduire notre mission au verbe avoir ou au verbe être, mais bien de la vivre au verbe aimer.
Lourdes permet de faire le plus beau des voyages en allant à la rencontre de l’autre, et tout particulièrement des plus fragiles, qui nous offrent le cadeau de nous révéler notre propre vulnérabilité. Don merveilleux de cette relation servi-serviteur, qui ne peut être accueilli qu’en le vivant.
Lourdes est joie. En servant nos frères et sœurs malades, c’est Dieu que nous servons — en étant le Samaritain, l’aubergiste, et pourquoi pas tout simplement la monture. Nous recevons en ce lieu tant de grâces que le désir d’y revenir au plus vite nous étreint, pour dire merci ! En nous faisant parcourir le chemin de conversion que la Vierge Marie a transmis à Ste Bernadette, Lourdes permet à chacun de prier pour sa guérison en recevant la certitude du pardon. Ce cheminement a personnellement bouleversé ma façon d’être médecin : accepter de partager une parcelle d’humanité chaleureuse en tenant la main de celui qui souffre, ne jamais oublier de remercier le Seigneur chaque matin pour cette journée qui s’offre.
« Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l’autre », a dit la Vierge à Bernadette le 18 février 1858. La souffrance reste un mystère, mais accompagnée, soulagée, apaisée, elle nous permet de comprendre ces mots de Charles Péguy : « L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera. »
On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort. Je rappelle simplement les paroles du serment que j’ai prononcé en janvier 1987 :
« Je ferai tout pour soulager les souffrances.
Je ne prolongerai pas abusivement les agonies.
Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. »
Vous trouverez également ci-dessous le texte de l'ensemble des interventions du Pape Léon XIV durant sa visite en France







